Le Musée dauphinois

Fondé en 1906 par Hippolyte Müller, le Musée dauphinois déménage dans les années 1960 pour s’installer dans l’ancien couvent de Sainte-Marie d’en-Haut. Dans un premier temps, il se place dans le sillage des ATP, tant pour le programme scientifique interdisciplinaire que pour l’approche muséographique. Assisté de jeunes collaborateurs, tels Annie Bosso, Michel Colardelle et Charles Joisten, le directeur, Marcel Boulin installe les nouvelles présentations du musée dans le couvent fraîchement restauré. Celles-ci sont inspirées du programme interdisciplinaire et périodisé recommandé par Georges Henri Rivière, alors conservateur en chef du Musée national des arts et traditions populaires, pour les musées régionaux, « des temps géologiques à nos jours ». Ces nouvelles présentations sont inaugurées en février 1968, en même temps que les Jeux Olympiques, par André Malraux, ministre des Affaires culturelles.

Vue de l’exposition Trésors du Musée dauphinois, réalisée par Marcel Boulin en 1968 © Yves Vernotte – Musée dauphinois.

Jean-Pierre Laurent devient directeur en 1971 avec pour tâche principal de reconquérir un public lassé après quelques années. Le Musée dauphinois devient alors le lieu d’expression d’une muséographie innovante, à « contre-courant ». Tandis qu’à l’instar du MNATP et de Georges-Henri Rivière, prévalent, dans les musées d’ethnographie des années 1970, les présentations d’objets témoins placés en situation dans des environnements aussi neutres que possible, Laurent met en oeuvre de nouvelles stratégies d’exposition, davantage théâtrales et sensorielles. Il abandonne également les expositions permanentes au profit d’un renouvellement constant des présentations. Il instaure la politique d’expositions temporaires de longue durée, toujours d’actualité aujourd’hui dans ce musée.

Des expositions font date telles que « Les Colporteurs de l’Oisans », ou « Le roman des Grenoblois » etc… dont on peut découvrir les présentations ci-dessous :

Vue de l’exposition « colporteurs de l’Oisans », 1985 © Robert Roche – Musée dauphinois

Dans les années 1980, deux postes de conservateurs sont créés, l’un pour l’ethnologie du monde urbain et l’autre pour celle du monde rural. Le premier est confié à Jean Guibal, ethnologue, bénéficiant déjà d’une belle expérience au Musée national des arts et traditions populaires, et le second à Jean-Claude Duclos, qui participait lui-même, depuis une dizaine d’années, à la direction du Parc naturel régional de Camargue où il avait notamment réalisé le Musée camarguais. Ils vont à leur tour orienter l’évolution du Musée dauphinois, le positionnant dans le sillage des écomusées. Le rôle culturel et social du musée est d’autant plus affirmé et une nouvelle méthode de travail éprouvée, qui associe les habitants, les communautés locales, chercheurs et experts etc… à la construction des expositions. Cette « muséographie participative », devenue marque de fabrique du Musée, s’inspire bien entendu de l’expérience des écomusées, perpétuant ainsi l’héritage de GHR.

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